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Un féminisme décolonial

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Dans cet ouvrage, la politologue et militante féministe Françoise Vergès développe une réflexion centrée sur les liens entre patriarcat, racisme, colonialisme et capitalisme, en proposant d’« imaginer la protection en dehors de la répression, de la surveillance, de la prison et du paternalisme développementaliste,

Cet essai s’appuie sur les travaux de nombreux·ses auteurs·trices, tel·le·s que Elsa Dorlin, Ruth Wilson Gilmore, Elizabeth Bernstein, Gwenola Ricordeau, Sayak Valencia ou Catherine Hall. Les femmes citées sont donc nombreuses, ce qui découle sans doute d’une volonté de l’autrice de mettre en valeur les chercheuses, pour lesquelles le plafond de verre reste souvent difficile à briser.

Ce livre est découpé en trois parties déroulant une réflexion claire et rigoureuse. Il s’attache à démontrer ceci : le tournant néolibéral des années 1970 a amené un faisceau de violences structurelles, allant de pair avec l’avènement en Occident d’un féminisme civilisateur et punitif. Il est aujourd’hui nécessaire d’inventer une autre façon de faire société, qui puisse répondre à ces violences sans en engendrer de nouvelles, donc sans emprunter la voie du féminisme civilisateur.

Surtout, l’autrice rappelle que ces violences structurelles sont dirigées vers des catégories de la population qui sont ainsi condamnées à l’oppression. C’est pour combattre cela qu’elle nous invite à « imaginer une société postviolente, non pas une société sans conflits et sans contradictions, mais une société qui ne naturalise pas la violence, qui ne la célèbre pas, qui n’en fait pas le thème central de son récit sur le pouvoir » (p. 13). Sa réflexion s’ancre dans le récit d’événements très détaillés et empiriques, qui permettent de saisir l’ampleur de son propos.

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Autoría: Françoise Vergès